Surdoué ou hypersensible? 

Ces jours-ci, on entend parler de plus en plus d’enfants ou d’ado précoces, de surdoués, d’HPI (haut potentiel intellectuel), de zèbres, …
Selon Jeanne Siaud-Facchin, les surdoués constituent 2-3% de notre population. Or aujourd’hui, 1 personne sur 4 prétend d’en être un ou d’en avoir un dans sa famille ou son entourage.
J’appelle ça “un syndrome d’une femme enceinte”: quand une femme apprend sa grossesse, elle ne voit désormais que des femmes enceintes autours d’elle. C’est un peu pareil avec la précocité aujourd’hui.
Pour bien comprendre en quoi cela consiste, les spécialistes en la matière ont été obligés de dresser la liste des caractéristiques d’un enfant, d’un adolescent ou par la suite d’un adulte surdoué. Et désormais, c’est la porte ouverte à tous. De nombreuses personnes qui se sont retrouvées dans ces caractéristiques, se sont auto-diagnostiquées d’être un surdoué.
Or, les extravertis et introvertis, les émotifs et les audacieux, les personnes à QI élevé et avec des capacités intellectuelles exceptionnelles, et ceux qui n’aiment tout simplement pas perdre leur temps sur les bancs de l’école ont toujours existé.
 
Etre surdoué signifie que d’un côté nous avons une intelligence exceptionnelle, mais qui ne se traduit pas forcement par un QI élevé et une mémoire hors pair, mais plutôt par une extrême curiosité de la vie et par une approche de celle-ci complètement différente, atypique. Et de l’autre, que nous avons une sensibilité très aiguë.
 
Bien entendu, le sujet est beaucoup plus complexe.
Si vous souhaitez l’approfondir, je vous invite à lire “Etre un adulte surdoué” de Cécile BOST ou “Trop intelligent pour être heureux” de Jeanne SIAUD-FACCHIN.
 
Pour résumer, un surdoué est forcement un sensible MAIS un hypersensible n’est pas forcement un surdoué (même si souvent c’est le cas sans qu’ils le sachent).
 

Etre un hypersensible

Là encore, pour comprendre vraiment la nature et le fonctionnement des personnes hypersensibles, je vous invite à lire le livre d’Elaine N. Aron “Hypersensibles – Mieux se comprendre pour s’accepter”.
 
Les hypersensibles, qui selon Elaine N. Aron constituent près de 20% de notre société, sont exceptionnels à tout point de vue, même si pour eux leur hypersensibilité est souvent la source de souffrance.
Ils captent tout sans aucun filtre, comme des radars les plus puissants. Ils ressentent les émotions des autres, les vibrations, les énergies (positives et négatives) qu’un être humain “normal” ne connaîtra jamais. Et ils se laissent submerger, sans le vouloir, par toutes ces émotions et d’autres stimulus.
On a beau leur dire “tu prends trop personnellement telle ou telle chose, tu dois lâcher prise, tu dois prendre du recul, tu dois te reprendre”.
Toutes ces consignes sont justes mais pas efficaces du tout. C’est comme si on disais à quelqu’un “aime le jaune” alors que sa couleur préférée est le bleu, ou c’est comme si on disait à une girafe “grimpe sur un arbre” alors qu’elle n’est pas du tout adaptée pour cela.
 
L’hypersensible ne choisit pas d’agir de telle ou autre manière, il est fait comme ça et pas autrement car son cerveau et son corps fonctionnent ainsi.
Et c’est cela que d’un côté les rend admirables car à force de ressentir, voir et percevoir de manière plus profonde, plus importante, ils sont souvent très créatifs, ont une imagination débordante, ils ont des talents, des facultés particulières qui leur permettent de réaliser de grandes choses, d’exploiter inexploitable, de dépasser des limites, de prendre des décisions et d’agir de manière atypique, autrement que la majorité.
Mais pour la même raison, ils sont beaucoup plus vulnérables. D’abord, par leur santé car ayant un système immunologique affaiblie ou même inexistant (et même malgré la vie saine et active), ils sont souvent sujet aux infections, aux allergies, aux migraines, aux problèmes de la peau et d’autres maladies plus graves.
 
Les hypersensibles deviennent également souvent une victime des harcèlements: d’abord scolaire car souvent ils souffrent de différents troubles d’attention, de concentration, d’hyperactivité. Ils sont très sensibles aux opinions des autres, aux critiques, aux remarques de tout genre. Souvent timides, ils ont peur de prendre la parole devant la classe ce qui est une source supplémentaire d’angoisse mais aussi de colère et de déception car “ils savent”, “ils connaissent la réponse” mais ils n’ont pas été assez rapides pour répondre à la question, ou n’ont pas osé. Et dans ces rares cas où ils ont enfin réussi à lever la main et être interrogés, leur propres corps les trahis: ils deviennent rouges, leur voix tremble et devient fébrile, par conséquent leurs propos deviennent incompréhensifs. Tout cela peut provoquer des moqueries de la part de leurs collègues.
En tant qu’adultes, ils sont souvent victimes des psychopathes narcissiques qui profitent de leur fragilité, leur vulnérabilité.
 
Tout cela fait d’eux des êtres singuliers, atypiques, souvent géniaux dans leurs domaines de compétences car sensibles à tout ce qui les entoure, mais pas du tout adaptés à notre monde compétitif, économique ou seuls la force, l’habileté, la dextérité et l’argent qui comptent.
 

Accompagnement des hypersensibles avec la sophrologie

Mahatma Gandhi a dit “je suis la seule personne qui peux me faire de mal”.
Il a considéré que si nous restons fidèles à nos valeurs les plus profondes, quelques soient les circonstances de la vie, nous restons intègres.
Mais pour être intègre, il faut se faire confiance, s’accepter dans sa globalité, s’aimer.
Le fait de rester intègre, de faire face aux aléas de la vie, d’accepter ou plutôt d’intégrer le quotidien (donc la vie de tous les jours), passe par les émotions. Or, les émotions sont ce avec quoi les hypersensibles ont le plus de problèmes.
 
La sophrologie a pour objectif premier de redonner l’importance au corps, grâce aux techniques respiratoires, des mouvements physiques simples ou une visualisation positive.
Tout cela permet à un hypersensible de “sortir” de sa tête, donc de prendre distance avec ses émotions directes.
 
Dans un 2ème temps, la sophrologie permet de rétablir une relation entre le corps et l’esprit afin de donner à l’esprit la force de faire face aux événements de tous les jours qui aujourd’hui peuvent être une source du stress et d’angoisse pour un hypersensible.
 
Au début, il est important de se laisser accompagner par un sophrologue certifié mais le but ultime est d’expliquer à la personne des techniques, de lui donner des clés efficaces pour qu’elle puissent ensuite devenir autonome en s’entraînant seule et le plus souvent possible.
En effet, il faut vraiment voir la sophrologie comme une philosophie de la vie, un entrainement quotidien, exactement comme pour un sport, un apprentissage d’une langue étrangère ou de la musique. Cet entrainement contribue à modifier en profondeur l’état interne de la personne, dans le but de pouvoir se projeter positivement dans le futur.